Sanctions de la CEDEAO: « La situation pourrait rapidement asphyxier le Mali mais aussi mettre à mal le fonctionnement normal de l’UEMOA » (économiste)

La Côte d'Ivoire commence à appliquer les sanctions financières contre le Mali

Les sanctions imposées par la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Mali pourrait asphyxier le Mali.

C’est le point de vue exprimé par Paul Derreumaux dans un entretien à Jeune Afrique. Ce très bon connaisseur du Mali où il a fondé la Bank Of Africa (BOA) lève un coin du voil sur les secteurs les plus durement touchés par les sanctions de la CEDEAO.

« Elles concernent surtout les relations avec les principaux partenaires économiques du Mali, c’est-à-dire les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), et notamment la Cote d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso. Concrètement, cet arrêt signifie qu’il n’est plus possible d’envoyer de l’argent dans un des sept autres pays de l’Union, ni d’en recevoir. Inconfortables pour les citoyens habitués à de nombreux échanges financiers à caractère familial dans l’espace régional, ces entraves sont critiques pour les entreprises. Elles empêchent ainsi les fournisseurs sénégalais d’être réglés par leurs clients maliens et les exportateurs maliens d’être payés par leurs acheteurs ivoiriens. Elles interdisent aussi à des épargnants maliens de souscrire à des titres ivoiriens ou à l’État du Mali d’émettre des obligations dans l’espace financier régional », a indiqué Paul Derreumaux.

Selon Paul Derreumaux, si les sanctions de la CEDEAO continuent, elles pourraient avoir des conséquences sur le fonctionnement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

« La situation pourrait donc rapidement asphyxier le Mali mais aussi mettre à mal le fonctionnement normal de l’UEMOA. Il faut en conséquence espérer que tous les acteurs concernés s’associent dans les travaux en cours pour vite trouver des solutions limitant ces blocages. Un assouplissement pourrait ainsi commencer à être observé avec certains pays de l’Union », dit-il.

Par contre, pour ce qui concerne la situation des relations financières entre l’Europe et le Mali, elles semblent être épargnées. « (…) Les relations financières entre le Mali et l’Europe ne semblent pas touchées pour l’instant, ce qui est important notamment en raison de la nombreuse diaspora malienne dans cette zone ».

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